Comment ça naît, un bidonville ? À Metz, le scénario est (à peu de choses près) toujours le même. Cinq générations de migrants se sont succédées, depuis 2012, dans la capitale mosellane, étape incontournable pour les demandeurs d’asile venus d’Europe de l’Est, déposés par les passeurs, attirés par le guichet unique où ils enregistrent leur première demande. Cinq saisons et le même camp se reforme inlassablement, toujours à peu près aux mêmes périodes de l’année, peu de temps après la trêve hivernale, quand les expulsions ne sont plus interdites, et toujours au même endroit, avenue Blida, où les autorités ont concédé un parking boueux en face d’un incinérateur pour que les femmes, hommes et enfants puissent poser leur tente. C'est là que nous vous emmenons, donc. D'un camp Blida à un autre. Du démantèlement de novembre 2016 à celui de novembre 2017.
Ce webdocumentaire de 30 minutes est encore au stade de brouillon, c'est une « version de travail », ce n'est pas fini. Ce n'est pas prêt de finir, de toute façon. La même situation se reproduit chaque année, presque à l'identique. Ou en pire. À l'heure où nous vous présentons ces images tournées il y a plusieurs mois, le camp Blida ne s'est pas encore reformé. Peut-être qu'il ne se reformera jamais. Mais ses occupants sont toujours là. Certains sont dispatchés en de petits lieux d'hébergements d'urgence et autres centres d'accueil temporaires – forcément temporaires, pas vraiment accueillants. D'autres essayent de poser leur tente, les forces de l'ordre les en empêchent – privilégiant la stratégie de l'errement à celle du campement. La misère qui se répandait sur les trottoirs est désormais invisibilisée, mais pas éradiquée. Malheureusement, même en plein été, même inexistant, le camp Blida reste d'actualité.

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