Le 7 juin au Bon Temps, préparons l'invasion des patronsPierre Gattaz, Guillaume Sarkozy, Hubert Védrine... La deuxième édition des Economic Ideas rassemblera des centaines de petits et grands patrons sur la Place Stanislas de Nancy le 23 juin. Comme l'an passé, le NJJ lance un appel à la désobéissance civile aux Nancéiennes et Nancéiens qui refusent de voir s'installer dans le temps un « mini-Davos » financé en partie par des subventions publiques. Rendez-vous le 7 juin au Bon Temps pour tout savoir.

Devinette, pour commencer : où avons-nous bien pu tirer l'extrait suivant ?

« Le succès de l’édition 2013 avait créé la surprise, avec en ‘’guest star’’, un Gerhard Schröder plus décomplexé que jamais, en conférencier et réformateur des économies européennes vieillissantes. ‘’Economic Ideas’’ 2014, le forum européen monté par la Chambre de commerce et d’industrie de Meurthe-et-Moselle, repart de plus belle le 23 juin prochain. »

Alors, qui ?

L'organe officiel du Medef 54, vous vous dîtes ?

Même pas : les chantres de l'ultralibéralisme ont déjà L'Est Républicain pour eux. C'est bien notre quotidien régional qui, non content d'annoncer en grand, en pages « Région » et en cinq colonnes la deuxième édition du « mini-Davos » de Nancy, envoie même ses propres journalistes modérer les différents ateliers prévus.

Parmi les têtes d'affiches annoncées le 23 juin, on retrouve :

Pierre Gattaz, président du Medef, patron des patrons,

Guillaume Sarkozy, « frère de », délégué général du groupe Malakoff Médéric,

Hubert Védrine, secrétaire général de l'Elysée sous François Mitterrand, l'homme silencieux sur le génocide du Rwanda,

Franz-Olivier Giesbert, éditocrate du Point, journaliste reconnu et engagé dans la lutte pour la tolérance des inégalités.

En face, ce n'est pas moins de 800 « acteurs du développement économique » et autres patrons qui sont attendus. Vous aussi, vous voulez y participer ? Le prix d'entrée est à 200 €, et même 300 € pour les inscriptions postérieures au 1er mai – sans compter les 50 € supplémentaires à débourser pour avoir droit d'entrer au gala final.

Vous voulez y entrer toujours, mais vous n'avez pas les moyens ? Pourtant, c'est avec votre argent que cette journée de débats et de petits-fours peut avoir lieu dans les bâtiments qui jouxtent la Place Stanislas (Opéra, Musée des Beaux Arts et Hôtel de Ville). Près du tiers de la somme est financée par les collectivités locales. La convention d’attribution de subvention votée à l'unanimité (dont cinq abstentions, tout de même...) lors du conseil communautaire du 23 mai précise que le budget global de l’événement est estimé à 440 000 €. « Dans ce cadre, plus de 60% des recettes attendues, proviennent du mécénat et des inscriptions. La ville de Nancy est par ailleurs sollicitée pour la mise à disposition de salles et salons (apport en nature estimé à 35 000 €), le Conseil Général de Meurthe et Moselle pour une aide de 10 000 € et la Région Lorraine de 40 000 €. (…) Le montant de la subvention du Grand Nancy est fixé à 55 000 €. »

Pour l'édition 2013, seuls le Conseil Régional, le Grand Nancy et la Ville de Nancy avaient financé 140 000 des 390 000 € du budget total (voir le compte-rendu de notre action). Cette année, la subvention allouée par le Conseil général est certes restreinte, elle n'en reste pas moins symbolique. Cette collectivité à majorité « socialiste » cautionne donc ce rassemblement du gotha ultralibéral dont l'objectif, derrière les titres consensuels des ateliers (« La confiance », « L'audace », « Le dialogue », etc.), est clairement de réduire les acquis sociaux des travailleurs afin de soumettre toujours plus les entreprises au diktat de la compétitivité.

« Le coût du travail est excessif, les groupes de travail d’Economic Ideas feront des propositions précises, notamment pour un Grenelle de la PME », a annoncé François Pélissier, président de la CCI 54, à L'Est Républicain. L'organisateur de l'Economic Ideas a déclaré également : « La fonction publique française consomme 57 % du PIB, pour un niveau de services qui n’est plus si enviable que cela, voire en baisse constante. Est-ce encore possible ? » Une question qu'il aura largement le temps de creuser au côté de l'auteur de l'article dans lequel il est cité, Pascal Salciarini, qui sera également modérateur de l'atelier « La responsabilité ».

Le 7 juin au Bon Temps, préparons l'invasion des patrons

Le 23 juin, gâchons leur fête afin de dénoncer l'utilisation éhontée de l'argent du contribuable pour un événement auquel il ne peut même pas participer et rappeler le passé de certains des "prestigieux" invités...

Mais d'abord, venez assister au prochain café Repaire, le 7 juin à 19 h au bar le Bon Temps (13, avenue Foch), pour organiser une contre-manifestation digne de ce nom et faire renaître un collectif « Libérez la Place Stanislas des griffes des Rapaces ».

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