Dans la famille des photographes Piacentini, je voudrais le grand-père, le père, le fils… Oui, la liste est longue. Jusqu'au 16 juin, les photos de Philippe Piacentini sont exposées au Kinepolis de Longwy dans le cadre des 40 ans des évènements de Longwy.

 

Parce que cette famille a contracté le virus à l’époque où le numérique n’était pas encore venu pallier les manques des moins techniques des « pratiquants ». Son grand-père Adolfo Matteo crée un studio longovicien en 1933.

 

« Il a eu deux fils et une fille. Mon père et ma tante sont également devenus photographes. »

 

Durant la Seconde Guerre mondiale, Roland, le papa de Philippe, parfait sa technique à l’école de Vaugirard à Paris. Il travaille en parallèle chez un professionnel spécialisé dans la colorisation des clichés en noir et blanc.

 

« Mon père a donc rencontré pas mal de gens connus comme Robert Doisneau (l’auteur du magnifique Baiser de l’hôtel de ville, pris en 1950, NDLR), qui venaient faire développer leurs pellicules chez lui. »

 

Fraîchement diplômé, Roland revient à Longwy auprès de son père.

 

« Ils étaient là pour prendre des images de la reconstruction des usines après-guerre, et la construction des nouveaux quartiers de la ville. Ils étaient d’ailleurs tous les jours ou presque au pied des hauts-fourneaux, pour les nouveautés industrielles, les installations, les accidents, etc. »

 

Au même titre que les Flamion et les Hublot, les Piacentini deviennent des incontournables dans le secteur, pour les mariages, les naissances, les reportages économiques, etc. C’est dans ce contexte que Philippe voit le jour, en 1951. Forcément, les premiers mots ou presque qu’il apprend, sont « vitesse d’obturation », « diaphragme » ou « objectif ». Après son baccalauréat, le jeune homme aide son père au studio, puis part suivre ses études de photo et débuter sa carrière à Belfort puis Nancy. Il en revient en 1975-1976. Direction rue de Mercy, forcément Philippe Piacentini était aux premières loges lors des événements de 1979-1984.

 

« Ça faisait quatre ans que je travaillais avec mon père. On avait monté un groupement de commerçants, on avait relancé la Foire expo à Longwy, etc. Quand, en 1978, il y a eu les premières annonces, on savait que notre activité n’allait pas survivre très longtemps. On s’est donc impliqués dans la lutte des ouvriers. »

 

Les militants le préviennent à chaque fois qu’ils vont organiser des opérations coup de poing, pour qu’il puisse prendre des photos et ensuite médiatiser les actions. Il est donc sur les lieux avant tout le monde, ou presque.

 

« Ma femme me disait, quand je partais en pleine nuit : "Mais tu es fou." Je lui répondais que je défendais comme les autres le "vivre et travailler au pays". »

 

Attaques du commissariat, déversement de wagons sur les rails, manifestations, etc. : l’album de Philippe Piacentini est impressionnant, magique, magnifique pour celui qui s’intéresse à l’histoire du Bassin.

 

Entrée libre.

 


 

Œuvres d'un bassin en ébullition

 

Autre grande exposition à la médiathèque intercommunale de Longwy, conçue spécialement pour les 40 ans des évènements de Longwy. Ces documents provenant notamment de la collection de Michel Olmi et de l’Association pour la mémoire industrielle de la communauté d’agglomération de Longwy racontent la lutte pour le maintien de la sidérurgie, celle des habitants pour « vivre et travailler au pays », celle des femmes ou des immigrés pour se faire entendre, etc.

 

De multiples moyens de lutter sont explorés, créés et utilisés. Deux radios pirates voient le jour, SOS emploi (par des membres de la CFDT) puis Lorraine Cœur d’acier (par la CGT). Un journal, L’Insurgé du crassier, est lancé. Les syndicats ne sont pas en reste avec les « traditionnels » tracts, mais aussi la publication de cartes postales, d’autocollants ou d’affiches par la CGT, à l’origine du lancement de LCA.

 

De nombreux photographes de Longwy et d’ailleurs en France et dans le monde posent leurs objectifs sur ce Bassin en ébullition. Il en ressortira des milliers d’oeuvres. Des peintres, des poètes et des chanteurs s’inspirent du contexte de luttes mais aussi de joie pour créer. Des émaux sont fabriqués – pour soutenir l’occupation des locaux des faïenceries par des grévistes en même temps que se déroule la lutte des sidérurgistes, et même des confiseries.

 

Tout un territoire s’exprime, et fait parler son imagination. Cette exposition montre ces différents moyens d’expression.

 

Du 5 au 16 juin. Exposition visible aux horaires d’ouverture de la médiathèque(du mardi au jeudi13 h - 18 h ; vendredi 13 h - 19 h ; samedi 10 h – 17 h). Entrée libre.

 

>> Découvrez le programme complet des 40 ans des évènements de Longwy.

Ajouter un Commentaire