C'est sans nul doute l'enquête sociale de l'année. Une « enquête sociale sur l'utilité et la nuisance sociale des métiers », plus précisémment. Boulots de merde - Du cireur au trader est l'œuvre de deux reporters, Julien Brygo et Olivier Cyran, qui nous emmènent à la découverte d'un vaste éventail de métiers tantôt utiles pour la collectivité mais difficiles et peu valorisants, tantôt très bien payés, plutôt confortables, mais socialement néfastes. Ils donneront une conférence le jeudi 16 mars, à 20 heures, à l'IRTS de Nancy (entrée libre).

 

Synopsis

Pas un jour sans que vous entendiez quelqu’un soupirer : je fais un boulot de merde. Pas un jour peut-être sans que vous le pensiez vous-même. Ces boulots-là sont partout, dans nos emplois abrutissants ou dépourvus de sens, dans notre servitude et notre isolement, dans nos fiches de paie squelettiques et nos fins de mois embourbées. Ils se propagent à l’ensemble du monde du travail, nourris par la dégradation des métiers socialement utiles comme par la survalorisation des professions parasitaires ou néfastes.
Comment définir le boulot de merde à l’heure de la prolifération des contrats précaires, des tâches serviles au service des plus riches et des techniques managériales d’essorage de la main-d’œuvre ? Pourquoi l’expression paraît-elle appropriée pour désigner la corvée de l’agent de nettoyage ou du livreur de nans au fromage, mais pas celle du conseiller fiscal ou du haut fonctionnaire attelé au démantèlement du code du travail ?
Pour tenter de répondre à ces questions, deux journalistes eux-mêmes précaires ont mené l’enquête pendant plusieurs années. Du cireur de chaussures au gestionnaire de patrimoine, du distributeur de prospectus au « personal shopper » qui accompagne des clientes dans leurs emplettes de luxe, de l’infirmière asphyxiée par le « Lean management » au journaliste boursier qui récite les cours du CAC 40, les rencontres et les situations qu’ils rapportent de leur exploration dessinent un territoire ravagé, en proie à une violence sociale féroce, qui paraît s’enfoncer chaque jour un peu plus dans sa propre absurdité. Jusqu’à quand ?

 

Sur la conférence

Avec Julien Brygo et Olivier Cyran autour de Boulots de merde !

Animée par Tanguy Wuillème, CREM-Université de Lorraine

Jeudi 16 mars à 20h à l’IRTS de Lorraine

201 avenue Raymond Pinchard – 54000 Nancy.

Entrée libre

 

Conférence suivie de la diffusion de deux des « Quatre petits films contre le grand capital » (Annie Gonzalez et C-P Productions) :

Profession, domestique, film photographique de Julien Brygo (17 mn)

Chaque année, plus de 150 000 domestiques Philippines quittent leur pays pour aller travailler à l’étranger.

Dans la boîte, film documentaire de Nina Faure (18 mn)

Une plongée dans l’univers impitoyable de la distribution de prospectus publicitaires.

 

Sur le bouquin

Boulots de merde !

Du cireur au tradeur, enquête sur l'utilité et la nuisance des métiers

Éditions La Découverte

240 pages

Septembre 2016

Possibilité de le commander en ligne en cliquant ici

 

Découvrez également :
- L'interview des auteurs sur Bastamag.net
- L'émission « Espace de travail » consacrée au bouquin sur Mediapart
- Le reportage « Au salon des boulots de merde », paru dans CQFD (avril 2016), qui a donné lieu à un chapitre de Boulots de merde !
- « Direction des ressources heureuses », enquête parue dans Le Monde Diplomatique en octobre 2016
- « Est-il permis de critiquer le journalisme dans une école de journalisme ? », un reportage-critique des médias, paru sur Acrimed (décembre 2016), de Nina Faura et Julien Brygo suite à leur invitation à débattre autour de leurs « Quatre petits films contre le grand capital »

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