Le 11 décembre à Metz et le 13 décembre à Nancy, tous les citoyens sont invités à se rendre devant leur antenne France Bleu sur une initiative du mouvement "De l'air à France Inter". L'objectif ? Faire part aux journalistes du manque d'émissions quotidiennes de reportage et de critique sociale. Proposer de débattre avec eux, sur leur antenne pourquoi pas, du manque de temps de parole accordé aux ouvriers, aux précaires, aux petites gens d'une manière générale. Et espérer provoquer, en douceur, le changement pour plus de prise en compte des aspirations populaires. Toutes les infos pour vous joindre à nous dans cet article.

Les journalistes feraient-ils la radio sans le peuple ? En fait ce n'est pas une question que nous posons, c'est un constat que nous dressons : les journalistes font la radio sans se soucier du peuple, de ses aspirations du moment, sans traduire son cri, sans propager l'écho de son indignation autrement que par des sujets découpés millimétrés quand d'autres, tant d'autres chroniqueurs experts économistes peuvent étaler les motifs de leurs engagements néolibéraux sans être soumis aux contraintes de manque de temps ou d'objectivité. La pensée des dominants ne semble pas dominer les espoirs de celles et ceux qui sont partout mais qu'on n'entend nulle part. Pas besoin d'être journaliste pour constater le décalage entre les bruits de la vie réelle, la soif de changement, la rage étouffée, diffuse, retentissante à chaque coin de rue, et le vide divertissant mâtiné d'infos évanescentes que crachent les radios, ces miroirs infidèles du monde.

Jusqu'alors il existait bien une soupape, une bouffée d'air critique sur France Inter. Là-Bas si j'y suis, émission de grands reportages présentée dans ses derniers temps du lundi au jeudi sur la station du service public par Daniel Mermet, permettait de faire entendre des voix dissonantes, aussi bien en étant la plaque tournante des intellos de la gauche radicale qu'en laissant s'exprimer les exploités, les opposés, les indignés, bref, tous ceux que Radio France cherche à réduire au silence. Il y est finalement parvenu : à la rentrée 2014, Là-Bas si j'y suis n'a pas été reconduite sur la grille des programmes. Il y est parvenu, enfin, c'est un peu vite dit. Toutes ces heures de dissidence qu'il reste à écrire devraient trouver, à partir de fin janvier 2015, un nouveau support avec le projet de "7-9 neuf" intenté par Daniel Mermet sur le net.

N'empêche. Cette décision de France Inter a été la goutte d'eau qui fait déborder le vase pour Fakir. Le journal amiénois "fâché avec tout le monde ou presque", et disponible dans tous les bons kiosques de France, a décidé d'impulser une lutte non pas "contre France Inter, mais bien pour France Inter – pour que sa voix demeure ou redevienne vivante, pour qu’on y entende la France dans sa diversité". Le constat que dressent les fakiriens est simple : la parole des ouvriers, employés, travailleurs, classes populaires, est au mieux écartée du service public sinon inaudible, effacée. Les fakiriens se sont même amusés à prendre une journée témoin pour, chrono en main, calculer que les classes populaires, de 5 h à 23 heures, n'avaient eu que 18 minutes de temps d'antenne. Peanuts.

"À la place, à leur place, poursuit Fakir dans ses colonnes, les artistes (réalisateurs, acteurs, chanteurs) ont largement la parole (2 h 10). Les experts (économistes, psychologues) aussi (2 h). Les professions intellectuelles supérieures (cadres, enseignants, dirigeants associatifs) sont bien présents à leur tour (1 h), tout comme les chefs d’entreprises (55 minutes). Alors que les classes populaires représentent, d’après l’Insee, la majorité de la population, elles sont complètement marginalisées à l’antenne de France Inter. À l’inverse, des groupes ultra‑minoritaires monopolisent l’antenne. La place accordée aux journalistes – non pas comme animateurs des émissions, mais comme invités eux-mêmes – est un indice de cette clôture sociale."

Avec le mouvement "De l'air à France Inter", suivi aussi bien par Acrimed, le Monde Diplomatique, la SNJ-CGT, les Rencontres Déconnomiques d'Aix-en-Povence, les Rencontres des citoyens résistants d'hier et d'aujourd'hui du Plateau des Glières, des représentants de plusieurs tendances syndicales et politiques, ainsi que des animateurs de différents cafés Repaire, une convergence impressionnante s'est formée pour proposer au service public "comme remède, a minima, la présence d'émissions quotidiennes de reportage et de critique sociale".

Désormais, il est question d'élargir ce mouvement, de faire participer pas seulement les habitués de cafés Repaire, pas seulement les auditeurs assidus de la radio, mais bien faire participer le plus grand nombre. Et notre journal compte bien se faire le relai local de cette bataille citoyenne.

Comment cela va-t-il se traduire chez nous, ici en Lorraine ? C'est simple, nous avons tous, avec les 40 antennes France Bleu du pays, des représentants du service public à côté de chez nous. Allons leur rendre visite, tout simplement. Demandons-leur gentiment, cordialement, aux journalistes, s'ils sont prêts à relayer notre message, à entendre sur leur radio des citoyens ordinaires parler de leur radio. Normalement, il ne devrait pas y avoir de problème, le journalisme suppose n'est-ce pas d'être ouvert à la critique, alors avec un pareil débat on devrait être reçu comme des rois sur leur antenne, du moins comme le notable ordinaire, l'élu de base dont la parole est relayée chaque fois que son agenda s'impose à l'actu chaude. Le peuple boue. Pour une fois, que ce soit lui qui la fasse l'actu chaude.

Concrètement, les cafés Repaire de Metz et Nancy, Radio Caraïb Nancy (90,7 FM) et le NJJ vous invitent à vous joindre à ce mouvement "De l'air à France Inter", notre mouvement :

- Le jeudi 11 décembre à partir de 16 heures devant France Bleu Nord Lorraine situé au 5 rue Austrasie à Metz.

- Le samedi 13 décembre à partir de 13 h 30 devant France Bleu Sud Lorraine situé au 21 rue du Recteur Senn à Nancy.

Venez tracter, débattre, apporter votre regard sur le service public aussi bien à échelle régionale (France Bleu) que nationale (France Inter, France Culture, etc.).
Nous serons devant, nous aussi, pour un long moment, donc si vous n'arrivez pas pile à l'heure, ce n'est pas un problème !

Pour nous contacter : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

À découvrir également :
- L'enregistrement sonore du débat du café Repaire de novembre dont le thème était justement "Quelle radio t'écoutes ? Quelle radio t'écoute ?" (diffusé sur Radio Caraïb Nancy).

L'émission de soirée lecture sur les carnets de route de Là-Bas si j'y suis (diffusée sur Radio Caraïb Nancy, comme tous les mardis de 20 h à 21 h et les dimanches de 23 h à minuit).

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