« Nous sommes favorables à une renaissance du thermalisme à Nancy, mais opposés à ce projet conçu pour les promoteurs et les financiers, et non pour les habitants. » Nous relayons ce texte du collectif Le Bien commun.

 

Nous sommes favorables à une renaissance du thermalisme à Nancy, mais opposés à ce projet conçu pour les promoteurs et les financiers, et non pour les habitants. Il consiste en effet à transformer ce site très fréquenté – trois piscines accessibles au même prix que les autres piscines de l'agglomération – en un centre aquatique et thermal en partie destiné à des catégories particulières ou à une clientèle aisée. Réalisé puis géré pendant 30 ans par une entreprise privée, il constituerait pour ses actionnaires une source de dividendes importants en grande partie alimentés par l'argent public.

 

Un projet au détriment des usagers

 

– La piscine découverte Louison-Bobet serait détruite.
– La partie destinée à tout public serait désormais limitée au périmètre actuel de la piscine olympique, qui serait rénovée, et du terrain attenant servant actuellement de parking le long de l'avenue du Maréchal-Juin. Outre la piscine olympique, elle comprendrait un bassin extérieur deux fois plus petite que Louison-Bobet (4 lignes de nage au lieu de 8), des petits bassins et des jeux aquatiques. Le tout en bordure d'une rue passante, au pied des maisons en vis-à-vis et à des tarifs en hausse de 27 à 150 % par rapport aux tarifs actuels.
– Le reste du site serait destiné à une clientèle aisée, aux curistes et sportifs de haut niveau. Sa gestion serait de type "commercial" et non plus "service public". L'entrée à la piscine ronde coûterait 16 € pour deux heures (au lieu de 4,50 € sans limite de durée jusqu'à ce jour). Le site comporterait également un hôtel de 76 chambres et un restaurant.
– Un second hôtel-restaurant de 76 chambres est envisagé à l'emplacement de la piscine Louison-Bobet, qui devait être une "coulée verte".
– Les places de stationnement actuelles disparaîtraient au profit de trois parkings payants.

 

Des dividendes alimentés par l'argent public, un pactole pour les actionnaires

 

Le contrat a été attribué à un groupement d'entreprises composé de la Compagnie Européenne des Bains/Valvital, qui exploite une quinzaine d'établissements thermaux, du groupe de BTP Bouygues et d'un fond d'investissement.

Le coût de l'opération s'élève à 98 millions d'euros, soit quasiment le double du projet initial (51 millions d'euros) et le plus élevé des trois projets en compétition (respectivement 72 et 80 millions d'euros).

De plus, ce contrat met à la charge des contribuables du Grand Nancy, sur 30 ans, 76 millions d'euros de subventions versées à la société d'exploitation du futur site, filiale de Valvital et de ses partenaires. Dans le même temps, les bénéfices attendus par les actionnaires s'élèvent à 87 millions d'euros, soit 2,9 millions d’euros par an, entièrement distribués aux actionnaires sous forme de dividendes. Ainsi la totalité de l'argent public injecté dans cette opération finirait dans la poche des actionnaires.

Mais ce n'est pas tout... Outre les dividendes auxquels ils s'attendent, les actionnaires s'apprêtent à faire des affaires juteuses avec leur filiale. Les intérêts au taux annuel de 7 % sur les prêts qu'ils lui consentiraient leur rapporteraient 11 millions d'euros supplémentaires. De plus, au titre de diverses « prestations », Valvital percevrait plusieurs redevances payées par la société d'exploitation, dont une « redevance de marque » pour un montant total de 18 millions d'euros sur la durée du contrat.

En revanche, alors que la loi prévoit que ce type de contrat est « aux risques et périls du concessionnaire », c'est en réalité la collectivité qui supporterait l'essentiel des risques. Sur les 97,8 millions d'euros d'investissement prévus, 27,2 millions seraient financés par une subvention du Grand Nancy, 42,4 mllions par un prêt contracté par la société et garanti par le Grand Nancy. Seuls les 28,2 millions restant seraient réellement à la charge des actionnaires, sous forme de prêts à 7 %.

Il s'agit clairement de mettre l'argent public au service d'une entreprise privée, dont les actionnaires attendent un « taux de rendement » de leurs capitaux de 12 % par an après impôts.

Nous voulons empêcher ce détournement de l'argent des contribuables et des usagers au profit d'intérêts privés.

Le Bien Commun

 

Deux moyens de soutenir la démarche du Bien Commun :
en signant la pétition contre la disparition de la piscine Louison-Bobet
en participant au financement du recours en contentieux devant le tribunal administratif.