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En trois semaines, notre journal a remporté deux belles victoires qui auront un impact considérable sur la poursuite de notre aventure en kiosques. D'abord, la relaxe dans l'affaire d'affichage sauvage qui nous opposait à la Ville de Nancy. Puis, le Prix meilleur journal de quartier et de ville décerné lors du Kaléido'scoop, concours national de la presse jeune, organisé par l'association Jets d'encre. Les détails dans cet article.

La fin des ennuis avec la mairie ?

Au terme d'un délibéré court mais intense - vingt secondes sans respirer - le NJJ s'est vu relaxer dans l'affaire qui l'opposait à la Ville de Nancy au sujet d'affichages sauvages de juin et décembre 2013. Le 13 mai 2014, la juridiction de proximité de Nancy a déclaré recevable l'opposition que nous avions formulé alors que nous encourions une cinquantaine d'amendes de dix euros pour autant d'affiches apposées sur du mobilier urbain. "L'accusation ne rapport[ant] pas la preuve de la culpabilité", le juge a estimé "qu'il convient en conséquence de renvoyer des fins de la poursuite" notre association. Le soulagement est d'autant plus grand que cette affaire nous poursuivait depuis presque un an...

Suite à notre première sortie en kiosques, le 18 juin 2013, nous recevions en effet un coup de fil du commissariat Lobau, suivi d'une lettre recommandée avec accusé de réception en partance du Grand Nancy pour nous demander, chaque fois, de payer 7146,80 euros, un montant qui correspondrait au retrait, par le service propreté de la communauté urbaine, de 68 "affiches apposées sur le domaine public" (le retrait d'une seule affiche étant fixé à 105,10 euros...). Depuis cette demande grossière, nous n'avons eu aucune nouvelle de ce que nous surnommions "l'affaire des 7000 euros". En revanche, nous étions convoqués parallèlement au commissariat Saint-Léon, pour le même affichage, mais avec une procédure différente lancée non plus par le Grand Nancy, mais par... la Ville de Nancy. Les risques encourus étaient cette fois plus "raisonnables" - environ 500 euros, amendes et frais de procédure compris -, n'empêche, en cas de défaite, nous aurions connu plus de difficultés à poursuivre notre aventure, déjà assez précaire comme ça.

La suite, on la connaît : une victoire sur le fond. Mais au-delà de l'aspect procédurier, cette première expérience avec l'univers judiciaire - qu'on espère tant être la dernière, sans être dupes non plus - nous a surtout permis de mesurer l'engouement que notre canard parvient à créer autour de lui. Lorsque le juge concluait l'audience, en avril dernier, la moitié de la salle s'était levée pour quitter les lieux, laissant un vide remarqué dans la juridiction de proximité. C'est que, sans avoir véritablement fait de com', une quinzaine de soutiens étaient venus grossir les rangs du NJJ, alors qu'il était tout de même demandé de se pointer dès 8 h 30 à la cité judiciaire, et ce juste pour une simple audience casée entre deux affaires de pertes de points sur le permis de conduire. Nous les remercions pour leur présence et nous remercions tous les militantes et militants, consœurs et confrères, lectrices et lecteurs qui s'étaient dit prêts à nous donner un coup de main, sous des formes diverses et variées, si l'histoire s'était terminée autrement...

Le premier prix du NJJ

"Bravo pour votre indépendance, votre liberté de ton et le travail journalistique mené. Le travail d’illustration est très impressionnant. Bel effort sur la maquette. Le journal est drôle, pro, tout en restant un journal d’initiative jeune." Non non, ce ne sont pas de subites félicitations adressées par nos confrères de L'Est Républicain, mais plutôt les "qualités du journal" qui ont retenu l'attention des membres du jury du Kaléido'scoop. Pour la première édition de ce concours national de la presse jeune organisé par l'association Jets d'encre, 254 rédactions de toute la France s'étaient inscrites dans l'espoir de devenir l'un des seize lauréats collégiens, lycéens, étudiants ou de quartier et de ville. Dans cette dernière catégorie, le Nouveau Jour J a reçu la plus haute distinction lors de la remise des prix qui a eu lieu, le 4 juin 2014, au Centre d'animation Louis Lumière (Paris, XXème). Notre canard s'est vu attribuer, en guise de récompense, un ordinateur portable, une imprimante, une invitation à couvrir la Fête de l’Huma ou encore un abonnement à L’Etudiant et à L’Humanité. De quoi professionnaliser un peu notre rédaction dont l'outil le plus moderne jusqu'alors, la bouilloire électrique, ne parvenait qu'à améliorer la production quotidienne de café - et pas notre régularité en kiosques.

Après ces deux victoires, plus rien ne peut nous dévier de notre objectif initial : écraser l'empire de presse du Crédit Mutuel !