L'Album Panini 2014 des patrons et chiens de garde

Parce que le Nouveau Jour J est un journal pluraliste et ouvert d'esprit, nous avons proposé à la Chambre de commerce et d'industrie 54 de renouer le dialogue et de nous charger, en échange de quelque rétribution bien méritée, de relayer le Forum économique européen qu'elle organise : le fameux « Economic Ideas » qui a eu lieu le 23 juin 2014 dans les trois bâtiments jouxtant la Place Stanislas (Hôtel de Ville, Musée des Beaux Arts et Opéra). Ce « mini-Davos » qui a accueilli 800 acteurs de l'élite économique locale, mais aussi nationale et internationale, méritait des éléments de communication bien plus efficaces que ce qu'avait fait jusqu'alors L'Est Républicain, qui, étonnament, n'a pas fait preuve d'une connivence et d'une complaisance à l'égard des intervenants et des organisateurs à la hauteur de l’événement (mais peut-être était-ce tout simplement dû au fait que nos confrères de l'organe du Crédit Mutuel, Alexandre Poplavsky et Pascal Salciarini, faisaient eux-même partie des modérateurs du Forum). Parmi les « guest-stars » qui ont foulé les pavés de la Place Stanislas, on retrouvait notamment : Pierre Gattaz, président du Medef, Guillaume Sarkozy, patron de Malakoff Médéric, Hubert Védrine, secrétaire général de l’Élysée sous Mitterrand pendant le génocide du Rwanda ou encore Franz-Olivier Giesbert, éditorialiste au Point. Parce que chacun d'eux s'inscrivait dans le prolongement du courant ultralibéraliste progressiste en matière de réduction des acquis sociaux des travailleurs, des chômeurs et autres assistés, le Nouveau Jour J avait décidé de mettre exceptionnellement de côté ses innocentes lubies de journalisme indépendant pour se ranger sagement au côté des grands. Notre rédaction proposait donc, en ces temps de Coupe du Monde de football et de business, d'allier économie et ballon rond avec un dossier de presse sous forme d'Album Panini. Découvrez les principaux membres de l'équipe « Economic Ideas ».

 

140 000 euros

C'est la participation généreuse du contribuable pour cet événement réservé aux notables. En effet, plus du quart du budget total de la journée, fixé cette année à 440 000 euros, était financé par des subventions publiques allouées par la Ville de Nancy (35 000 euros en nature), le Grand Nancy (55 000 euros), le Conseil général (10 000 euros) et le Conseil régional (40 000 euros). Sans compter la part de la Chambre de commerce et d'industrie 54 qui était avancée, d'une certaine façon, par le contribuable, puisque cet organisme reçoit des subventions publiques. Sans compter, non plus, la part défiscalisée des mécénats conclus avec les partenaires (Dalkia, EDF, Veolia Environnement, etc.). En tout, plus de 800 participants étaient attendus. Et pour éviter que se fondent les basses couches populaires parmi l'élite économique du coin, ce « mini-Davos » était réservé aux « acteurs du développement économique » et son prix d'entrée était fixé cette année à 200 euros ou 300 euros passé le 1er mai (sans compter les 50 euros de participation au gala final dans les Grands salons de l'Hôtel de Ville). Ô toi peuple généreux, puisqu'il te manque les moyens et les allures respectables pour participer à cette sauterie de nantis, satisfais-toi d'avoir le droit de savoir que tes impôts ont permis à chacune des personnalités figurant sur cet Album Panini de vivre cette intense journée de débats et de petits-fours. Tu es trop bon.

En numéro un, le gardien (des intérêts patronaux) : Pierre Gattaz, président du Medef.

En numéro 2, le latéral droit : Jean-Marc Vittori, éditocrate des Echos.

En numéro 4, le libéro : Hubert Védrine, secrétaire général de l'Elysée sous Mitterrand en 1991-95.