Chinois et maladroit, Henry cumulait une double peine – triple, même, si l’on inclut sa cinquantaine douloureuse... Ça faisait beaucoup, quand même, pour un éboueur. Surtout au milieu des prolos de droite, racistes « mais pas méchants hein ». Henry en bavait sévère derrière son camion-benne et ne demandait pas mieux que de se barrer de là. Mais s’il se battait avec un courage de fou, c’était pour ses enfants, sa femme et surtout... le loyer. Henry venait de devenir propriétaire. Il était, comme dans un bouquin qui m’a marqué, au cœur du Cauchemar pavillonnaire.

Il y a cinq ans, je passais mon premier – et dernier – réveillon en poubelles. Je travaillais depuis quelques temps comme intérimaire pour la filiale de Veolia Propreté en charge de la collecte des déchets de Nancy et de son agglomération. L'expérience dura quatre mois en tout. Le récit que j'en ai tiré fait quarante pages. Du recrutement à Adecco jusqu'à l'arrière du camion-benne, en passant par l'assemblée générale de Veolia, ce numéro spécial « Vis ma vie d'éboueur » vous dévoile le quotidien des travailleurs des déchets. Le voici pour la première fois en lecture libre dans son intégralité.

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Ce qui devait arriver arriva... On peut désormais ôter le point d'interrogation du titre de notre précédent article : « À l'Université de Lorraine, de la démocratie du clic au dialogue des flics ? » Ce jeudi 3 mai, le président de l'université a fait appel aux forces de l'ordre (pour la deuxième fois en quasi une semaine) afin d'« assurer » la tenue des examens, tandis que les étudiants en lutte contre la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE) scandaient « Pas de partiels avec les flics ! » Deux étudiants dénoncent la façon dont leurs camarades se sont faits « fracasser » sous leurs yeux. Au nom du dialogue des savoirs, bien entendu...

 

« Les bloqueurs sont illégitimes. » Ce refrain tourne en boucle dans la bouche des chiens de garde contre la mobilisation étudiante. Mais qu'y a-t-il de plus illégitime : des assemblées générales qui regroupent des centaines de participants ou une consultation électronique décidée arbitrairement par un président d'université qui a été élu par... vingt personnes ? Zoom sur le blocage de la fac de Lettres à Nancy.

Un « campus à vocation mondiale ». Un « processus irréversible et vital pour notre région ». Ou même un « outil d’excellence au service des étudiants et un levier de rénovation socio-économique pour la Lorraine » (1). La presse régionale ne tarissaient pas d'éloge sur l’Université de Lorraine au moment de sa création, en janvier 2012. Aucun article, pas une seule seconde de JT, en revanche, sur la pression et la dégradation des conditions de travail que subissaient au même moment les femmes de ménage, le personnel administratif et technique. La fierté régionale avant tout ! Tandis que nos confrères s'extasiaient face à la fusion des quatre ex-universités (Nancy UHP, Nancy 2, Nancy INPL et Metz Paul Verlaine) en un unique Grand établissement, seul notre canard (encore un peu étudiant, à l'époque) rapportait les conséquences que tout cela impliquait pour le petit personnel. Un reportage toujours d'actualité cinq ans après...

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