Ce qui devait arriver arriva... On peut désormais ôter le point d'interrogation du titre de notre précédent article : « À l'Université de Lorraine, de la démocratie du clic au dialogue des flics ? » Ce jeudi 3 mai, le président de l'université a fait appel aux forces de l'ordre (pour la deuxième fois en quasi une semaine) afin d'« assurer » la tenue des examens, tandis que les étudiants en lutte contre la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE) scandaient « Pas de partiels avec les flics ! » Deux étudiants dénoncent la façon dont leurs camarades se sont faits « fracasser » sous leurs yeux. Au nom du dialogue des savoirs, bien entendu...

 

« Les bloqueurs sont illégitimes. » Ce refrain tourne en boucle dans la bouche des chiens de garde contre la mobilisation étudiante. Mais qu'y a-t-il de plus illégitime : des assemblées générales qui regroupent des centaines de participants ou une consultation électronique décidée arbitrairement par un président d'université qui a été élu par... vingt personnes ? Zoom sur le blocage de la fac de Lettres à Nancy.

Un « campus à vocation mondiale ». Un « processus irréversible et vital pour notre région ». Ou même un « outil d’excellence au service des étudiants et un levier de rénovation socio-économique pour la Lorraine » (1). La presse régionale ne tarissaient pas d'éloge sur l’Université de Lorraine au moment de sa création, en janvier 2012. Aucun article, pas une seule seconde de JT, en revanche, sur la pression et la dégradation des conditions de travail que subissaient au même moment les femmes de ménage, le personnel administratif et technique. La fierté régionale avant tout ! Tandis que nos confrères s'extasiaient face à la fusion des quatre ex-universités (Nancy UHP, Nancy 2, Nancy INPL et Metz Paul Verlaine) en un unique Grand établissement, seul notre canard (encore un peu étudiant, à l'époque) rapportait les conséquences que tout cela impliquait pour le petit personnel. Un reportage toujours d'actualité cinq ans après...

« Des années qu'on a pas vu ça : l'occupation d'une salle de cours, jour et nuit, comme réponse à la suppression d'une licence », écrivait-on il y a quatre ans déjà. Si la licence CultureCom a bien été supprimée, la salle de la révolte est toujours occupée ! Toute la fac d'ailleurs est occupée ! À Nancy, la mobilisation contre la sélection à l'université – la loi Vidal et son monde – est exceptionnelle : plus de mille étudiants à la dernière AG ! Dont la (grande) majorité a voté « pour » la poursuite du blocage de la faculté de Lettres. On profite de cette période d'ébullition – qui ne fait que commencer, mai ne fait qu'arriver... – pour publier en ligne cette petite histoire de l'occupation de la salle de la révolte. Pas tant pour la nostalgie – mais plus pour avoir bien en tête que la contestation étudiante peut s'étendre et s'installer dans la durée avec pas grand chose. Alors avec mille personnes...

Radio Caraïb Nancy fête ses trente ans. Ça en fait des générations d'animateurs, de bénévoles, de petites mains, de nouveaux, d'anciens, qui se sont succédé dans les studios de la radio associative de la cité du Haut-du-Lièvre. Autant de notes qui ont résonné et qui résonnent encore chaque jour sur le 90.7 FM. Si la radio était une énorme partition, Arielle Christoflau est assurément, depuis 2002, l'arpège de RCN. Portrait.

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