« Faites évacuer la salle, il y a un risque de terrorisme social ! » Il y a un an, en juin 2016, notre interpellation d'Emmanuel Macron, en déplacement à Nancy, n'était pas passée inaperçue. Il faut dire que l'ex-banquier Rothschild, alors ministre de l'Économie, ne devait pas recevoir souvent de bleu de travail en cadeau de bienvenu. Malgré la fête quelque peu gâchée, le Grand Nancy acceuille à nouveau son « World Materials Forum » (aux 500 000 euros de budget) ces 29 et 30 juin. Pire : ce rendez-vous patronal auquel le citoyen de base ne peut accéder sera suivi d'un « séminaire gouvernemental » les 30 juin et 1er juillet. Autrement dit : Édouard Philippe et toute sa clique macroniste débarquent à Nancy ce weekend ! L'occasion pour nous de vous raconter les coulisses du bleu de travail offert à Macron.

Deux syndicalistes relaxés après que les matraques des CRS se soient abattues sur eux lors d'une manifestation contre la loi Travail, il y a un an, c'était déjà trop. Considérés comme victimes de violences policières en première instance, Yann Tavernet et Denis Beckrich, deux amis mosellans, n'avaient alors pas été condamnés pour participation à une manifestation interdite, rébellion et violences volontaires. Mais allez comprendre. Ce 8 mars, ils l'ont bel et bien été, condamnés, par la cour d'appel de Metz, suite à un appel du parquet. Les forces de l'ordre, elles, s'en sortent sans rien. Ou plutôt avec ce sentiment de plénitude d'être parvenu à leurs fins : faire raquer ceux qu'elles ont tabassé. Compte-rendu d'un procès très violent (symboliquement).

« En Espagne, on nous obligeait à bosser 12 heures ou plus par jour, payées 8 heures. Soit on acceptait, soit on nous licenciait. » S'ils sont venus en Lorraine, dans le Pays-Haut plus exactement, les immigrés espagnols pensaient au moins ne plus se faire exploiter. Mais l'horizon s'avère plus sombre que prévu. Pas que l'horizon d'ailleurs : même le travail se pratique au noir...

L'entrée en vigueur de l'État d'urgence, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il l'a sentie passer ! Fouillé au corps systématiquement nu à l'issue de ses parloirs, Erdogan Çakir dénonce la torture que lui a fait subir le major pénitentiaire à la suite d'un énième refus de se prêter à cet exercice d'humiliation, en novembre 2015, alors qu'il était détenu à la Maison d'arrêt de Villepinte (93). Après une grève de la faim de 43 jours, ce Marxiste-Léniniste d'origine turque, condamné à sept ans ferme pour avoir soutenu « idéologiquement » une organisation interdite en Turquie, sera transféré dans d'autres établissements pénitentiaires. Mais nous venons d'apprendre que, même placé ailleurs, les fouilles à nu se poursuivent toujours...

Récit du quotidien de demandeurs d'asile dans une caserne militaire désaffectée, près de Nancy, réquisitionnée par la préfecture de Meurthe-et-Moselle. Ou comment rendre compte d'une humanité que les pouvoirs publics s'empressent de repousser à l'écart de la vue des citoyens.

Sous-catégories